mardi 29 mars 2011

LA BIBLIOTHEQUE PERD SES LECTEURS : fiction N° 3

 A partir de ce titre "accrocheur" de presse, un de nos lecteurs a imaginé comment la bibliothèque pouvait bien perdre ses lecteurs . En voici le texte, que nous vous diffuserons par épisodes...

Pour les épisodes précédents, voir les articles du 16 et du 23 mars 2011      SUITE(...)

On décida de ne pas fermer la bibliothèque, les trois jeunes femmes, malgré leur stress, continuèrent leurs tâches. En permanence, des policiers en civil, c'est-à-dire en tee-shirt, blouson de cuir, blue jean et nike, surveillaient les locaux, comptaient les entrées et les sorties, sillonnaient les travées, veillaient dans la salle de lecture. Il avait fallu leur trouver un endroit frais, sous l'escalier, pour stocker les packs de bière. L'un d'eux, assez jeune, grand amateur de bandes dessinées passa tout son temps à lire les oeuvres complètes de F'murr, les 16 volumes du Génie des alpages puis tous les Quick et Flucke et les Marsupilami qu'il avait trouvé à la section jeunesse. Il passait du bon temps et s'esclaffait bruyamment, affalé sur la table. Un autre, la quarantaine bien tassée, le genre sportif et portant beau, draguait systématiquement les lycéennes. Les Lolita s'en amusaient beaucoup. Elles s'étaient données le mot et fréquentaient les lieux plus que de coutume. Bien sûr, de semaine en semaine, la surveillance se relâcha, si bien qu'on n'avançait guère dans l'enquête lorsqu'un beau matin, il fut évident qu'une nouvelle disparition venait de se produire. Mais là, c'était l'un des enquèteurs qu'on ne retrouvait plus, un jeune stagiaire qui était arrivé deux jours auparavant. Mais on n'était pas au bout des surprises et des rebondissements. Quelques jours plus tard, la jeune Sarah S., une disparue de la première heure, descendit du TER Métrolor en provenance de Saint-Dié, rentra chez ses parents comme si de rien n'était et s'isola dans sa chambre. Elle ne put rien expliquer et comme on insistait, elle s'enferma dans un complet mutisme.

Cette fois, la chose qui avait déjà pris une dimension nationale, débordait maintenant hors des frontières. Après la Bête des Vosges, après l'affaire Gregory, voilà que notre région devenait de nouveau le centre d'intérêt de tous les médias : la Bibliothèque infernale gardait, comme les deux autres affaires, ses secrets et ses mystères. On prit des mesures draconniennes, on délimita un cordon de sécurité, d'abord pour éloigner la presse et les curieux et protéger les bibliothécaires, ensuite pour permettre à l'enquête de se poursuivre dans les meilleures conditions. On autorisait les lecteurs à accéder un par un à la bibliothèque. Ils franchissaient les barrières en déposant leur carte d'identité puis, accompagné en permanence d'un policier, se rendaient dans les locaux pour déposer et choisir les livres. La fréquentation avait chuté, seuls les plus courageux et les plus inconscients tentaient l'expérience.

(...) A SUIVRE

1 commentaire:

Naly de Salm a dit…

Cette histoire devient de plus en plus croustillante. C'est sûr que comparée à l'affaire de la bibliothèque de Raon l'Etape, la bête des Vosges, c'est du pipi de chat. Vivement la suite !