mardi 22 mars 2011

LA BIBLIOTHEQUE PERD SES LECTEURS : fiction N° 2

      A partir de ce titre "accrocheur" de presse, un de nos lecteurs a imaginé comment la bibliothèque pouvait bien perdre ses lecteurs . En voici le texte, que nous vous diffuserons par épisodes...


Pour l'épisode précédent, voir l'article du 16  mars 2011   SUITE(...)

On avait commencé par interroger les bibliothécaires, trois jeunes femmes charmantes, compétentes, entièrement dévouées au service du public. Elles ne comprenaient pas ce qui avait pu se passer. Elles disaient que lorsque les lecteurs s'aventuraient dans le dédale des étagères pour faire leur choix, ils disparaissaient forcément pendant un moment à leurs yeux mais qu'en principe ils ressortaient, un ou deux livres à la main et se présentaient à la banque de prêt pour les enregistrer. Une ou deux fois, elles avaient reçu les plaintes de lectrices qui s'étaient senties serrées d'un peu près contre les rayonnages. On avait facilement localisé l'inconvenant qui prétexta le manque de place entre les rayons. Une autre fois, elles avaient entendu comme un petit cri offusqué oh ! suivi aussitôt d'un claquement sec qui ressemblait fort à une paire de gifles. Elles n'en avaient pas su plus car aucun des lecteurs présents à ce moment dans le maquis des livres, n'avaient, au sortir, évoqué un quelconque incident. Au fur et à mesure de l'enquête, on pressa les trois employées de questions de plus en plus précises, insidieuses, elles comprirent tout à coup qu'on les soupçonnait d'avoir fait disparaître des lecteurs.

Après tout, pourquoi n'aurions-nous pas affaire à un trio infernal ? A trois femmes auxquelles des lectures pernicieuses, sadiques, sataniques auraient tourné la tête et qui, pour aller au bout de leur délire et devenir les héroïnes d'un monde fantastique et cruel, peuplé de vampires et de fous criminels, auraient imaginé et mis en oeuvre un scénario diabolique dont des lecteurs inoffensifs auraient été les victimes. Mais on n'avait retrouvé aucun corps, aucune trace de sang, aucun cheveu, on avait fouillé partout, sondé les caves, la chaufferie, la cour, les immeubles voisins, le canal, rien, le mystère demeurait entier, aucune piste ne se révélait. On cuisina de plus belle la directrice qu'on voyait très bien être l'instigatrice de ces horribles forfaits dans lesquels elle aurait entraîné ses collègues. Sous la pression, elle s'effondra, pleura beaucoup mais n'avoua rien, affirmant et répétant entre ses sanglots qu'elle n'y était pour rien, qu'elle n'y comprenait rien.

(...) A SUIVRE

1 commentaire:

Naly de Salm a dit…

Il a bon dos le manque de place entre les rayons...
Bonne après-midi le "Trio Infernal".